Les Chapelles :
Les chapelles rurales constituent l’essentiel du petit patrimoine architectural de Gommegnies.
Mais si dans l’Avesnois la majorité de ces constructions est du type « oratoire-borne » en pierre bleue, dans notre village elles ont une forme plus classique.
La limite de diffusion de ces chapelles - poteaux ou bornes semble être la forêt de Mormal.
En principe le terme chapelle concerne des lieux de culte consacrés à un saint patron, en annexe d’une église alors que l’oratoire est édifié par un particulier sur sa propriété et n’est pas consacré par une autorité religieuse.
Nos chapelles sont donc généralement des oratoires, mais pour simplifier nous appellerons chapelles les constructions dans lesquelles on pourrait pénétrer et dans lesquelles il y a un petit autel, et oratoires toutes les autres. On remarquera également d’autres lieux de dévotion que sont les calvaires.
La suite de cette page se compose donc de quatre parties :
- Les chapelles paroissiales
- Les chapelles privées
- Les oratoires
- Les calvaires
Les chapelles paroissiales :
Les chapelles les plus importantes, celles d'Hitonsart et du Triez, ont été construites par la collectivité pendant la vague de re-christianisation de la fin du XVIIe siècle. Elles matérialisaient la foi de leurs constructeurs pour concrétiser un nouvel enracinement des croyances religieuses.
Chapelle du Triez : ( rue du Centre )
Dédiée à « Notre Dame des Affligés » selon l’inscription au-dessus de la porte qui donne sa date de construction : 1756. De forme octogonale elle a un soubassement en grès et silex et une élévation en briques. Sa très jolie toiture en clocheton, octogonale elle aussi, est recouverte d’ardoises. Un fois l’an, pour la procession du 15 août, on y replace la statue de la vierge en bois qu’elle abritait depuis toujours, et que l’on met maintenant en sécurité le reste de l'année.
Chapelle d’Hitonsart :
La Chapelle de Saint Antoine, érigée en 1688, était dédiée à Saint-Antoine-l’Ermite, dont l’invocation passait pour soigner le « mal des ardents » : l’ergotisme gangreneux provoquée par l’ingestion de l’ergot de seigle, de même que la peste et toutes les maladies contagieuses.
Un des lieux de dévotions les plus connus et les plus anciens se trouvait à Havré, à côté de Mons, dans une chapelle du XIIe siècle. Cette ville est connue pour être la capitale historique du jeu de « crosse » : c’est un sport local remontant au Moyen-Age, qui se joue avec une équipe cherchant à atteindre un but et une autre essayant de l’en éloigner, au moyen d’une espèce de club de golf et une balle de bois en forme d’œuf.
Le clergé de l’époque qui avait du mal à motiver ses fidèles pour des processions hivernales, autorisait la pratique des « pèlerinages à la crosse » pour que les hommes y accompagnent plus souvent leur épouse, et pouvoir mêler la ferveur religieuse avec le jeu de crosse. Et pour bien s’en assurer le clergé fixait le dernier « but » à toucher sur la porte de la chapelle. C'est ainsi que Saint Antoine devint le patron des joueurs de crosse. La Société de crosse de Gommegnies, "les Amis Réunis" ne manque jamais d'honorer son saint patron par un banquet annuel le jour de la Saint Antoine.
Les chapelles privées :
Les chapelles privées étaient votives : elles furent édifiées généralement au XIXe siècle pour la réalisation d’un vœu, en remerciement d'une grâce ou pour recommander l'âme d'un défunt. Par exemple on souhaitait préserver un enfant de la guerre, remercier le ciel d'une guérison, ou attirer les bienfaits sur sa famille. Elles correspondaient à une autre vague de re-christianisation en réaction à la laïcisation républicaine. A l’origine elles étaient privées, mais petit à petit, au hasard des réformes cadastrales, et de par la volonté de propriétaires qui ne souhaitaient plus en avoir la charge, la plupart ont intégré le domaine public communal.
Chapelle « Mathieu », rue du docteur Fenez :
En briques, porte avec encadrement de pierre bleue, seuil de porte et linteau de fenêtre latérale en pierre bleue également, sol en carrelage de terre cuite rouge traditionnelle. Elle a été construite par Désiré MATHIEU, grand-père maternel de M. Robert RIBAUCOUR, en remerciement pour la guérison d'un enfant.
Chapelle « Boez », rue du docteur Fenez :
Construite, d’après l’inscription en 1807, par ou pour Jean-Baptiste Boez, en briques, base en grés, encadrement de porte, seuil et linteau en pierre bleue, toit à 4 pans. Elle a été rénovée plusieurs fois par la famille Nigot.
Chapelle de la Croisette : (croisement rue des saules / rue Charlot)
Elle a été construite par la famille Philippe-Deghaye, grands-parents maternels de M. Jean Legat, en 1886, en briques et toiture d’ardoises à quatre pans ; un chasse-essieu à son pied la protège toujours des véhicules.
Chapelle de la rue Neuve :
Erigée en 1857 à la mémoire de Jean-Baptiste Désiré Beth, qui demeurait à proximité, soit 4 ans après sa mort. Construction harmonieuse, hexagonale, en briques, avec encadrement de porte en pierre bleue et toiture en ardoises.
Chapelle de Marchies.
Se trouve rue de Marchies, à proximité de Preux-auSart, juste avant la maison de M. Bridelle. Ce dernier l’a sauvée de la ruine complète. Il lui a conservé son inscription de dédicace au nom de « Notre Dame de Bonsecours ».
Chapelle de Saint Hubert.
Cette chapelle privée se trouve à l’extrême limite du village à proximité de Preux-au-Sart, au bout d’un petit chemin d’exploitation en cul-de-sac dit de Saint-Ghislain. Ce chemin se trouve juste à gauche après la ferme de M. Etienne Cauchy, dans le chemin de Frasnoy.
C’est une très belle chapelle circulaire de silex et de briques, mais dont la toiture détériorée causera certainement la ruine si rien n'est fait
Les oratoires :
Ce sont des constructions plus modestes mais datant de la même époque que les précédentes et édifiées pour les mêmes motifs.
Oratoire "Devigne" (rue du Chemineau)
Construit en briques et pierres, restauré par Emilie Blondeau, mais en laissant malheureusement prospérer un saule à proximité et qui causera certainement sa perte. Une inscription contemporaine semble le vouer à Sainte Thérèse alors qu’à l’origine il était dédié à Saint Antoine. Il a été construit avant la guerre de 1914-1918 par les parents des 2 frères Delvigne, Albert et Donat, pour que Saint Antoine les épargne et qu'ils en reviennent sains et saufs. Malheureusement ils périront tous deux en 1915.
Oratoire du chemineau ( proximité de la Croix de Bois, côté Carnoy )
Relativement récent, en briques avec niche fermée d’une grille abritant une petit statue de la vierge en plâtre, couvert par un couronnement pyramidal.
Oratoire d’Hitonsart (100m à gauche après la chapelle St Antoine )
De facture contemporaine a été reconstruit en briques par M. CARLIER dans les années 60, avec une semelle en grès de pavement et une base cimentée, une niche en forme de voûte servant de couverture et abritant une petite statue de la vierge.
Oratoire du Saint Sépulcre.
Construit le long de la chaussée Brunehaut, en bordure de Villereau, au regard de la dernière maison du village, celle de M. Hauet, comme pour marquer la limite de la commune.
La niche est fermée d’une grille dotée d’une fente destinée à recueillir les offrandes et ornée d’angelots d’inspiration naïve.
Les calvaires :
Il faut citer également ces autres lieux de dévotion que sont les calvaires. A gommegnies en dehors de ceux des églises et du cimetière on en trouve trois: deux publics, rue de la Gare et route du Quesnoy et un privé, rue du docteur Fenez.
Calvaire du Chêne-des-Loups : route du Quesnoy
Calvaire traditionnel à voûte en cul-de-four, en briques et toiture en zinc. A l’origine les 4 niches contenaient les statues de la Vierge Marie, de Saint Jean, de Saint Hubert et de Notre Dame des Sept Douleurs. Sur les anciens plans on retrouve l’emplacement du chêne, un peu plus bas dans la descente sur le bord de la route à gauche. Ce nom nous rappelle que les loups furent présents en Avesnois jusqu’au XIXe siècle.
Calvaire Saint Jean Tremblant, rue de la Gare:
Sa voûte en cul-de-four a aujourd’hui disparu mais le calvaire fait encore l’objet de marques de dévotion en vue de guérir les enfants ayant des difficultés à marcher, les mères laissant les chaussons de leur enfant sur le socle du calvaire.
Ce calvaire sera déplacé légèrement vers la route à l'occasion de la construction de la nouvelle école R. Jouglet, et le mur de parpaings sera remplacé par une haie.
Calvaire de la rue du docteur Fenez :
il s’agit ici d’un calvaire privé, faisant partie intégrante de la maison d’habitation sur laquelle il est appuyé, l'ancienne maison de Céline Dieff (actuellement celle de Mme Dupont). Il est situé à l'amorce de la cache qui descend vers l'école et que l'on appelle souvente cache Pauline ou cache Mosin mais dont le nom officiel semble être : "sentier du Quise".
Si vous avez des précisions à apporter sur les chapelles, n'hésitez pas à nous contacter :Jean Pisson 03 27 49 98 82 / Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.


